Le mois de mai manquait un peu de frisson avec tous ces ponts et ce soleil, on en viendrait presque à nous reposer sur nos lauriers ! Mais c’était sans compter sur notre quête acharnée de bien-être et d’innovation…

  1. Fika, la pause café des suédois

Il y a quelques semaines, ma collègue Magali, m’a envoyé un article sur les pauses café pratiquées par les suédois et leur impact sur la créativité et la concentration. En voici la teneur : « Faire une pause, permet de se vider la tête et de repartir travailler, l’esprit aéré, clair et revigoré, après un temps calme réconfortant. Plus encore, les salariés les plus efficients travailleraient intensément pendant 52 minutes avant de se détendre pendant 17 minutes.  »
Comme vous le savez sûrement déjà, le cerveau a une capacité de concentration optimale qui varie de 30 minutes à 1h30 en fonction des sujets. Lorsque cette limite de temps est dépassée, l’efficacité baisse, et le risque de faire des erreurs s’accroit en proportion.

Après avoir lu cet article, je me suis replongée dans mes lectures (je vous épargne les tonnes de sujets liés à la pratique de la pause café que j’ai pu découvrir) et mes recherches m’ont menée à cette conclusion : La pause café pratiquée en groupe et respectant les cycles de concentration a un effet bénéfique sur le travail et la bonne humeur ! 

Il faut savoir qu’aujourd’hui mes collègues font (ou pas) des pauses en fonction de leurs cycles à eux, et sont donc rarement coordonnés. Ceux qui prennent des pauses le font souvent seuls ou par groupes de deux ou trois.

Ni une ni deux, j’envoie ce mail à tous mes collègues :

Hello à tous 😃,

Ce petit mail pour vous inviter à participer à une expérience 🔬. Depuis quelques mois je m’intéresse beaucoup aux suédois 🇸🇪 et aux danois 🇩🇰, très doués pour le bonheur et le bien-être au travail. Hier, Magali m’a envoyé un article sur une méthode de pause suédoise qui m’a décidée à sauter le pas avec vous 

Pour ceux qui seront là le 9 mai, je vous propose de nous mettre au diapason le temps d’une matinée et de tenter la pause collective appelée Fika ☕.

En gros, le cerveau adulte ayant une capacité de concentration absolue entre 30 minutes et 1h30 🕗. Je vous propose de faire le test UNE MATINEE tous ensemble afin de voir les résultats de cette expérience et de pouvoir communiquer dessus grâce à vos feedbacks.

Voici comment se déroulera la matinée 📅 :

8h à 9h30 : arrivée de tout le monde
9h30 : Début de la concentration absolue
10h30 : Pause de 10 min – on se lève de son bureau, on se dégourdit les jambes – fume une clope – en gros on décroche complètement du travail pendant 10 min
10h45 : Reprise du travail – Concentration absolue
11h45 : Pause FIKA – Pause de 10 min – on se lève de son bureau, on se dégourdit les jambes – on boit une boisson chaude ensemble sans parler de travail !
12h : Reprise du travail – Concentration absolue
13h : Pause déjeuner.

Le but est que les pauses soient prises ensemble, et que lors des moments de concentration absolue vous ne fassiez rien d’autre du tout que travailler (pas de blagounettes, pas de bavardages au milieu de l’open space (il faudrait aller dans les aquariums),etc…). Il faut vraiment jouer le jeu au maximum pour connaître son efficacité.

Je ponctuerai ces différents temps en vous prévenant du début et de la fin de la pause. Le but est que vous me disiez ensuite au déjeuner si vous avez senti une différence sur l’efficacité de votre travail au moment où vous étiez en concentration absolue.

Mes collègues ont massivement répondu présent (étant donné la proportion de ceux qui travaillent en ce mercredi 9 mai, jour sacré de pont pour tout français qui se respecte), et nous avons sauté le pas !

2. La phase de test

Pour bien débuter, sachez que la matinée « Heureux comme un suédois » m’était complètement sortie de l’esprit. Depuis un quart d’heure, je me morfondais à l’idée de devoir commencer la compta du mois, moment d’intense torture pour mon cerveau dyscalculique. J’avais décidé d’aller changer l’eau des fleurs pour me donner du courage lorsque mon collègue Jules Nathan me demanda en quoi consistait la matinée « heureux comme un suédois » que j’avais glissée au chausse-pied dans leur planning.
Je ne me démonte pas, il n’est que 9h23, ça commence seulement dans 7 min.
J’ai foncé à mon bureau pour rappeler à mes 11 collègues présents ce matin qu’à 9h30 commencerait la partie d’intense concentration.

Evidemment, c’est à ce moment là que l’un de mes collègues s’est emparé de sa tasse et d’une clope pour aller faire une pause

*Surtout rester zen*

Pas grave, la concentration peut aussi se faire sur 50 min.

a. Première pause

Au bout d’une heure, je claironne dans l’open space « Les suédois peuvent prendre leur pause ! »
Je retrouve mes collègues sur notre sublime terrasse (parking), ils ont l’air de sortir de deux heures de sieste, ça doit faire ça la concentration absolue

Heureusement, quelques minutes dehors suffisent à les sortir de leur réflexion intense et les premiers que j’interroge me disent que l’heure est passée très vite. Certains boivent un café, d’autres prennent juste l’air, on bavarde et c’est très sympa.

Pour les besoins de la science, j’annonce que je vais prendre une photo pour le blog et que ceux qui tiennent à leur anonymat peuvent se retourner. Mes collègues tiennent à leur vie privée et ne souhaitent pas être harcelés dans les rues d’Issy-les-Moulineaux, je les comprends ! Vous aurez néanmoins tout le loisir d’admirer leur corps d’athlète de dos, et c’est déjà de l’ordre du privilège.
Je remercie tout même ma collègue Ophélie pour son ravissant sourire ! La pause ça rend heureux ou je ne m’y connais pas !

10 minutes s’écoulent vite, il est déjà temps de retourner à nos bureaux.

b. Deuxième pause

A 11h45 je termine ma compta, tout le monde en récré ! Je reconnais que j’ai un peu triché, pendant l’heure de concentration absolue j’ai répondu à trois SMS de mes copains alcooliques du nord qui viennent écluser les bières parisiennes ce soir. Le but est d’être concentré à fond, et pour le coup je me suis déconcentrée trois fois au lieu d’attendre la pause pour répondre. Premier fail.

Je retrouve mes collègues dehors, plusieurs d’entre eux me disent que le cycle devrait durer 1h30 plutôt qu’une heure. Je pense qu’ils ont raison, 1h30 me semble en effet plus approprié. Sauf quand je fais de la compta.
Morte de culpabilité au sujet de mes trois pauses SMS, je leur demande s’ils ont été concentrés au maximum sans détourner leur attention. L’un d’eux me répond qu’il a fait des mini-pauses de 30 secondes. Les autres ne me répondent pas, et pour me rassurer j’interprète cela comme un aveu de faiblesse : tout le monde à surement répondu à ses copains alcooliques. Le deuxième cycle est donc un peu moins efficace, attendons de voir le troisième.

Pendant cette pause il ne fallait pas parler boulot, histoire de bien déconnecter. Evidemment, à peine ayant franchi le seuil de la porte, j’ai bondit sur ma collègue Ophélie pour savoir ce qu’elle avait pensé de mon dernier mail. Heureusement elle m’a rappelé que nous devions parler d’autre chose ! J’ai beaucoup de chance, mes collègues sont souvent moins étourdis que moi et me rappellent parfois à l’ordre sur des consignes que je leur ai moi-même données… 🙂
La pause se déroule bien, le soleil nous tape sur la tête, le café coule en intra-veineuse, les blagues fusent. Les yeux ont l’air moins battus que lors de la première pause 

Il est vite temps de descendre achever notre expérience lors d’un troisième cycle de concentration absolue ! Cette fois j’essaye de ne pas tricher !

3. Bilan de l’expérience « Heureux comme un suédois »

Pour info : je n’ai pas triché, même quand ma mère (qui ne sait toujours pas que je quand je ne réponds pas au téléphone c’est que je suis au bureau en train de bosser) m’a téléphoné trois fois et m’a envoyé un SMS pour me dire qu’elle s’inquiétait que je ne décroche pas. Mais j’ai tenu bon !

La troisième phase s’achève et voici le bilan que nous tirons tous les douze de l’expérience de ce matin : Le temps de concentration d’une heure est bien trop court, et les pauses trop nombreuses. mes collègues sont unanimes sur le fait que le cycle peut être allongé à 1h30, voire 2h00 pour plus d’efficacité. Mais ce qui en ressort c’est tout de même que la pause est bénéfique. Chez nous, ce sont seulement les fumeurs qui font des pauses, et ces derniers n’ont pas vraiment senti la différence. Pour nous autres, la pause était une nouveauté, et nous en prendre trois d’un coup a été un peu indigeste. La pause Fika est positive car elle permet de se retrouver entre collègues et de s’aérer l’esprit. Mais une seule fois aurait suffit.

Il faut savoir qu’un élément n’avait pas été pris en compte : le changement de tâche joue aussi sur la concentration. En effet, si l’un de nous travaille 45 minutes sur un sujet, puis enchaine sur une autre tâche, il peut à nouveau se reconcentrer sans atteindre les limites du cycle.

Je n’ai pas eu de retour convaincant sur une plus grande efficacité, ou une plus grande concentration. Mes collègues n’ont pas senti de différence. En revanche ce que nous avons pu noter, c’est que personne n’a interrompu le travail de l’autre et que les cycles de concentration se sont fait dans un silence d’église. Plus d’appels ni de discussions dans l’open-space pendant une matinée : un bonheur.

Conclusion : Faire une pause ensemble dans la matinée a des effets nuancés mais positifs dans l’ensemble.

Je remercie mes collègues géniaux de jouer le jeu avec enthousiasme et bienveillance chaque fois que je leur propose une nouvelle expérience. Je mesure ma chance, et leur en suis très reconnaissante ✨

En bonus, une preuve de la tyrannie que j’exerce au quotidien sur mes gentils collègues 🤣

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