Depuis trois semaines, nous avons investi nos magnifiques nouveaux locaux à Porte de Versailles (Paris) ! Nous sommes encore en plein aménagement, et c’est ce matin, alors que j’enjambais une montagne de cartons à la recherche d’un tournevis porté disparu, que j’ai eu l’idée de vous raconter cet évènement de taille. Parce-qu’en fait, ça n’a vraiment pas été un déménagement comme les autres. Je pourrais même en faire un sketch.

Nous avons récupéré les clés un tout petit peu avant noël. L’un de mes domaines (inclut dans mon rôle) était d’organiser le déménagement, ainsi que d’organiser l’espace de travail afin de le rendre optimal et propice à la concentration. J’ai pris cette mission très à coeur, et j’ai voulu faire ça de façon très organisée. Mon dernier déménagement remonte à cet été (celui de mon appartement) et je peux vous dire qu’à côté de ce que j’ai vécu, l’exode d’Israël hors d’Egypte c’était une vraie boom. D’ailleurs, dans un moment d’abattement, les bras douloureux et les larmes aux yeux, j’ai fait promettre à mon fiancé que nous ne déménagerions plus jamais. Carrément.
Forte de ma malheureuse expérience, j’ai élaboré un plan de bataille digne des guerres napoléoniennes. Le déménagement sera organisé ou ne sera pas, parole de tyran.

C’était sans compter sur la mutinerie organisée par Julien et quelques autres de mes collègues.

1. Déménagement étape 1 – branle-bas de combat

Notre fonctionnement modulocratique nous a permis de décider tous ensemble d’une date de déménagement. La première réponse à cette question posée en réunion de triage a entrainé la réponse suivante : On déménage ce soir !
En effet, depuis deux mois, une espèce de forcené se défoulait toute la journée avec une masse et une perceuse pour détruire on ne sait quoi dans les bureaux d’à côté (dans l’immeuble jouxtant le nôtre, donc il était impossible de lui passer un savon).
Je leur ai fait remarquer que nous n’aurions pas tout de suite internet, ni de cloisons amovibles pour leur permettre de bosser dans le calme. Après mûre réflexion (et à l’immense déception de Julien), notre équipe s’est prononcée en faveur d’un déplacement début janvier. J’étais plutôt satisfaite de cette décision, je me voyais déjà organiser le déménagement le plus parfait de toute l’histoire de déménagements, certainement une séquelle de mon traumatisme de l’été dernier.

Début janvier, donc, j’ai envoyé un doodle pour savoir a quel moment nous serions tous disponibles pour déménager nos affaires, et nous sommes tombés d’accord sur le 13 janvier. Il faut savoir que lorsque je suis entrée dans les nouveaux bureaux le matin du 3 janvier, la moquette était trempée et les murs plein de cloques : les pluies diluviennes avaient occasionné un dégât des eaux durant les vacances de noël. Catastrophée, j’espérais que tout pourrait être réglé pour la mi-janvier. Ce délai nous permettait de préparer nos cartons et de bien coordonner le déplacement d’un bureau à l’autre, mais aussi de voir avec les experts comment intervenir rapidement pour que tout soit en état le jour de notre arrivée.
Ça c’était la façon dont je voyais les choses, le 3 janvier en milieu de matinée.
A 14h, Julien, bouillantissime à l’idée de déménager le plus vite possible, commence sa politique de propagande auprès de mes collègues en leur tenant à peu près ce discours : « c’est pas si mouillé », « les gars on s’y met tous ce soir, en deux heures c’est fait », « moi j’en peux plus de ce bruit de perceuse, pas toi ? ». Mes collègues étaient au bord de l’hystérie car, ce jour là, perceuse-man était particulièrement acharné. Il n’en fallut pas davantage pour les convaincre, et mon enthousiaste boss constitua son armée de putschistes en moins de deux heures.
C’est ainsi que cet après-midi là, mes collègues vinrent me voir pour me dire qu’ils avaient tous réservé leur soirée pour déménager dans nos nouveaux bureaux. A vrai-dire je comprenais leur empressement d’investir ces derniers le plus rapidement possible. D’ailleurs, Julien m’avait moi aussi convaincue, et j’avais hâte de travailler là-bas. Mais je n’avais rien organisé, nous n’avions même pas de cartons pour rassembler nos affaires.
Le respect de la modulocracy permet ce genre de coup de tête. Ce système nous rend très adaptables dans notre travail, mais aussi dans notre vie quotidienne. A 18h, Julien a loué un camion et c’est dans un joyeux bordel que nous y avons chargé tout ce qui nous passait sous la main. Je dis « nous » mais c’est inexact, moi j’étais à l’étage en train de chercher fébrilement de quoi contenir tout ce qui trainait, et d’essayer de rassembler les objets de la même famille aux mêmes endroits. Une sacrée scène, puisque dès que je tournais la tête quelques instants, le tas que commençais à former disparaissaient dans le camion.

J’ai quitté mes collègues en début de soirée, eux sont restés pour certains jusque minuit pour décharger le camion et se préparer leur petit espace bureau.

Les absents du 3 janvier ont reçu un message le 4 au matin les prévenant que la journée se déroulerait dans les nouveaux bureaux. Lorsqu’ils pénétraient un-à-un dans la pièce, leur air surpris, mais ravis d’être enfin dans ces locaux tant attendus, était un vrai régal. Pendant les pauses déjeuner nous montions les meubles ikea, et nous nous installions progressivement. La moquette a séché, les murs aussi.

Mais tout n’a pas été déménagé ce soir là, et il a fallut reprogrammer la suite du déménagement.

 

 

2. Déménagement étape 2 – toujours pas d’organisation mais beaucoup de rigolade

Puisque la date du 13 janvier avait été approuvée par tout le monde, nous avons maintenu la fin du déménagement ce samedi là. J’avais séparé l’équipe en deux : l’équipe des « forts » pour tout charger dans le camion dans les anciens locaux, et l’équipe des « intelligents » pour ranger le bazar dans les nouveaux bureaux. A 10h, j’étais à peine arrivée que je recevais un appel téléphonique de « l’équipe des forts » décliné en deux nouvelles réjouissantes : »Il n’y a plus de camion à louer sur Paris » et « nous ne sommes pas assez, venez nous aider ». Encore un échec pour mon génial, mais inappliqué, sens de l’organisation.
Nous remontons tous dans ma voiture, pour rejoindre nos collègues. Heureusement, mon extraordinaire meilleur pote chti, expatrié lui aussi en région parisienne (que j’ai appelé au secours), nous a trouvé un camion de déménagement à Trappes ! Aussitôt après avoir raccroché, nous avons filé là-bas, tandis que mes courageux collègues transportaient des kilos de meubles et des centaines de petits choses orphelines de carton. Vous connaissez le tableau de Picasso Guernica ? C’est un peu l’illustration du déménagement de moduloTech.

Au fait, j’ai omis un détail : ce jour là c’était jour de marché en bas de notre immeuble.
C’est ainsi que nous avons commencé nos aller-retours en camion/voitures d’un endroit à l’autre. Mes collègues ont d’ailleurs adoré leur jouet flambant-neuf : nos nouveaux bureaux sont équipés d’un monte-charge. L’agent immobilier nous a précisé qu’il était interdit de faire monter des individus à l’intérieur.
Inutile de vous dire ce à quoi ils ont joué.
Je les ai quittés vers 14h, non sans avoir mutilé la portière de ma voiture au passage, et je sais que beaucoup d’entre eux sont restés tout l’après-midi pour s’installer. D’ailleurs, la bonne blague du week-end a été de placer mon bureau dans le monte-charge et d’attendre ma réaction le lundi matin. Pour me venger je leur ai organisé une grosse session d’abdominaux la semaine suivante, mouhahaha.

Je suis touchée de voir à quel point ils étaient impatients à l’idée d’intégrer ce lieu. C’est beaucoup grâce à Julien dont la positivité et l’enthousiasme sont si communicatifs Nous nous sentons si bien dans notre start-up, que nous n’avons pas hésité à consacrer notre temps libre pour déménager tous ensemble. Ça a été un bon moment et nous avons beaucoup rit. Ces merveilleuses personnes parviennent toujours a faire de corvées des moments agréables. Même si l’organisation n’est pas parfaite, le fait d’être nombreux et soudés rend les choses possibles.

La chute de cette histoire, la voici : Le lundi midi, lorsque nous avons déjeuné tous ensemble, je me suis tournée vers Julien pour lui dire « c’est chouette qu’on ait enfin terminé de déménager, je me sens soulagée ». Il m’a regardée en se marrant et m’a répondu : « Ah non en fait, on n’a pas du tout terminé de vider les anciens bureaux, il reste encore plein de trucs ! »

La suite… 
j’en ai peur !

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